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Learning Technologies 2018 France-UK : comment façonner l'apprentissage ?

Considérés comme des acteurs majeurs du paysage du e-learning, digital learning, des serious games et autres appellations bien spécifiques et connus dans les technologies d’apprentissage, les Learning Technologies ont encore été une franche réussite cette année. Découvrez les nouveautés de l'année.

L'équipe My-Serious-Game au Learning Technologies à Paris

Mouvement initié exclusivement à Londres, il s’étend désormais en France avec la fusion de l’ancien « iLearning Forum » en Learning Technologies France… Véritable partenariat stratégique pour étendre son rayonnement Européen. Dans la même veine, le salon Espagnol Edulearn devient Learning Technologies Spain, et le célèbre OEB germanique devient Learning Technologies Germany pour l’édition 2018.

Part 1. Learning Technologies France

La moquette bleue nuit, qui casse la couleur de l’année 2018 et effigie du Learning Technologies (le violet) et quelques spots annoncent un virage numérique dans notre stand. Nous avons misé sur la mise en avant de nos créations digitales, qui retracent l’année de travail qui s’est écoulée, où les projets se sont enchainés. A l’extrémité du stand, une démonstration en avant-première de nos dernières innovations était disponible, ainsi que ResponSEAbility, un prototype en réalité virtuelle d’un univers 3D sous-marin.

Nous souhaitions offrir aux visiteurs la possibilité de se projeter ou de mûrir leurs projets avec des visuels d’une qualité exceptionnel, et d’un intérêt pédagogique qui n’est plus à prouver. Au-delà de ce nouveau stand, y’avait-il dans les allées de cet événement de nouvelles interrogations concernant le digital learning de la part des visiteurs, clients et partenaires ?

Construire l’avenir de l’éducation

En France, la résistance au changement est encore un fléau qui perdure. Le partage, la création de communauté sont des pratiques qui se renforcent et complètent le phénomène de curation qui grandit, dans l’échange avec ses pairs. De notre côté, les créateurs de formations digitales s’activent pour permettre aux apprenants de produire eux-mêmes du contenu dans leur formation.

On ne parle pas ici de les enrichir en déposant un commentaire ou une réflexion sur le tchat du LMS. Il s’agit de laisser à l’apprenant la possibilité de modifier le module de formation qu’il est en train de vivre. C’est ce qui est communément appelé le « User generated content ». Par exemple, dans les serious games, la possibilité d’aider ou de piéger ses collègues, pour accroître la compétitivité entre les équipes, est possible.

En amenant une plus grande liberté à l’apprenant dans ses décisions et son influence sur la formation qui se déroule, son engagement pour l’activité proposée devient nettement supérieur.

Interview de Frédéric Kuntzmann (CEO) lors de l'événement

Personnalisation et collaboration : le nouveau mix

Ces journées étaient l’occasion d’animer deux ateliers, sur deux thèmes plus ou moins similaires, qui englobait un atelier dédié aux « Innovation Technologies » et aux Innovations avant-gardistes. La foule était nombreuse, ce qui est un indicateur de l’intérêt des professionnels des ressources humaines et de l’apprentissage pour l’explication des tendances de demain. 

Les nouveaux standards de la formation se cachent derrière deux concepts qui émergent depuis quelques années : la personnalisation et collaboration.

A l’image de notre société où chacun souhaite personnaliser de plus en plus ses biens ou les services proposés (pensez aux chaussures Nike ou aux possibilités qui s’offrent à vous dans les Telecoms), la formation suit fièrement ce mouvement. Mais il manquait un petit coup de boost pour accélérer sa transformation. Et l’avancées des technologies rend les choses plus aisées.

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Ce qui est très important, et ce que nous permet les technologies et la pédagogie, c’est de pouvoir personnaliser le feedback donné aux utilisateurs.

Frédéric Kuntzmann

Aujourd’hui, on est capable de délivrer une information dont a besoin l’apprenant, et uniquement celle-ci. Mais la plus-value n’est plus seulement de personnaliser son format d’apprentissage sur la forme et sur le fond, mais de personnaliser en temps réel, ce fond et cette forme, qui sont donnés aux collaborateurs.

Il est possible d’arriver à ce niveau d’exigence avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle qui permet d’adapter la formation (Adaptive Learning) et la gamification, qui permet d’engager les personnes dans la formation.

Un autre point important a été de lever le voile sur la gamification, ce concept de plus en plus en vogue mais qui reste très largement assez incompris. Notre présentation nous a amené à intervenir sur ce sujet, en expliquant les prémices et l’intérêt de cet outil pédagogique :

« On va de plus en plus vers l’aspect collaboratif, réseaux, partages etc. sur des formats de plus en plus courts avec une vraie répétition, à l’image du développement des séries. On rejoint ce monde de consommation, où on est dans la multi activités. Très souvent, en conférence, on regarde en même temps ses textos ou ses mails, quand on regarde la télé on va faire un jeu… Sur des choses brèves, ludiques, agréable, il faut du plaisir. Des moteurs comme la gamification sont primordiaux. »

Soit, la gamification, « ce n’est pas tirer sur des canards » ou devoir recréer le monde de Zelda. Ce n’est pas forcément gagner des points. Parce que sa vraie finalité, c’est d’avoir un sentiment d’utilité. Elle permet de ressentir des émotions, vivre une intrigue, rentrer dans une histoire.

Pour cela, on a besoin de vrais leviers, et de jouer sur d’autres concepts que sur ces simples badges, niveaux, trophées. Jouons sur la pénurie, la collaboration, le dépassement de soi et nombres autres leviers pédagogiques.

Part 2. Learning Technologies United-Kingdom

Notre aventure se poursuit alors Outre-Manche. Ici, tout est plus grand, plus extravagant, plus osé. Il faut dire que l’entrée, contrairement à l’édition Française, est payante pour les visiteurs.

Les organisateurs veillent donc encore plus à ce qu’ils soient satisfaits de leur visite ! Ici et là, des allées noires de monde, où la langue de Shakespeare est ponctuée d’accents différents. On rencontre à nouveau des professionnels hautement qualifiés dans leur domaine, et des échanges enrichissants sur le digital learning et les parcours de formation de chacun.

« L’apprentissage avec et par la technologie » est LE défi commun et populaire. Depuis ces cinq dernières années, de nombreuses évolutions ont transformé la façon dont nous organisons, consommons et recommandons l’apprentissage. C’est un constat. Parallèlement, les entreprises créer des cellules en interne spécialisées dans la création de contenu formatif, piloté par des Chief Learning Officer (CLO).

Leur souhait n’est ni plus ni moins de vouloir internaliser la création de modules de formation pour leurs équipes. Mais quid du cachet techno-pédagogique de ces derniers ? Peut-on vraiment donner les clés de la formation à des unités spécialisées alors que des mauvaises habitudes et réflexes ont été engrangés depuis toutes ces années ? Plutôt que d’essayer de rattraper le retard digital, il conviendrait de vraiment innover ! #Stopcatchingup

Les technologies d’apprentissage doivent être repensées

Tout comme le marché français, celui de notre voisin européen a un réel besoin d’innovation. On se rend facilement compte que les problématiques des visiteurs sont souvent les mêmes ; beaucoup d’outils révolutionnaires, de process ou d’idées leurs sont présentés, mais peu de réelles recettes ou de bonnes pratiques leurs sont confiées.

Même si les nombreux produits de digital learning sont souvent bien assimilés, on observe que les manières de « faire de la formation » dans les entreprises sont désormais has been. Parallèlement, la formation est l’enjeu clé de cette décennie pour les collaborateurs ; avantage compétitif, employabilité… Mais paradoxalement, nous prenons moins de temps pour se former, alors qu’il y a une vraie urgence.

Jane Hart, une personnalité à suivre pour tirer le meilleur parti des Learning Technologies UK, a « donné le la » pour cette édition à travers un tweet piquant à vif les exposants venus présentés leurs solutions ;

Entendons par-là que, dans les milieux de travail moderne où nous évoluons, le tryptique "créer, livrer et manager/gérer" l’accès aux contenus de formation est desuet . Les parcours d’apprentissage, et l’expérience qui l’englobe, doivent être redessinées. Tout comme un produit, son utilisation doit évoluer. Tels les ports USB, le e-learning tel que nous le considérions hier, est devenu "has been".

Trois piliers sont fondamentaux pour préserver l’intégrité et l’efficacité des offres de modules de formation e-learning :

  • Le Visuel doit être extrêmement soigné et susciter la curiosité de l’individu Il aide à créer des souvenirs et doit satisfaire le désir de connaissance ou de nouveauté de la part de l’apprenant,
  • L’Histoire. La narration (ou le storytelling) permet de créer une connexion entre les visuels proposés et l’attachement psychologique de l’apprenant sur ladite formation,
  • Le « Mind Palace », traduit littéralement par le « palais de la pensée ». Créer du lien avec du contenu permet d’implanter des souvenirs et ancrer plus durablement les messages passés par la formation, quel que soit sa forme. Il permet de développer des métaphores visuelles, qui aide à personnaliser l’expérience d’apprentissage par et pour les apprenants. Lorsque l’expérience peut être appliquée à la réalité, c’est gagné.

Mais le parcours d’apprentissage est à repenser. Les LMS deviennent obsolètes, le langage SCORM est encore le plus utilisé et nous esquivons le problème d’engagement simplement en rendant la formation obligatoire. L’obligation est ce mauvais fléau qui donne une image négative de la formation digitale auprès des apprenants. Imaginez YouTube, qui s’apparente au meilleur LMS à la demande ; nous pouvons apprendre à chanter, cuisiner, bricoler en un rien de temps.

Le problème, c’est que transposé dans le monde de l’apprentissage, le YouTube que nous mettons bien souvent à disposition des apprenants respecte un tout autre schéma : vous devez télécharger, graver un DVD pour visionner une vidéo. Ce décalage nuit aux réflexions que peuvent se faire les professionnels du e-learning.

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Tels les ports USB, le e-learning tel que nous le considérions hier, est devenu has been.

Les systèmes conventionnels et traditionnels de l’apprentissage sont maintenant en phase terminale, se mourant peu à peu. Dans la même veine, le cabinet d’études américain Metaari a publié ses résultats concernant le business et les opportunités du digital learning pour 2016. Il a observé que le marché du self-paced learning a glissé en territoire ennemi, c’est-à-dire que son taux de croissance est devenu négatif, une première depuis de longues années.

Ce type de produit a atteint la dernière phase de son cycle de vie, c’est-à-dire le déclin. Pourtant, la plupart des grandes entreprises continuent d’investir et de vouloir capitaliser sur ces technologies mourantes, à l’image du nombre de package SCORM distribué vis-à-vis de l’X-API, qui représente une technologie de l’avenir concernant le tracking des données.